Module 7. En quelle langue écrire?
Reprenons cette question de la langue d’écriture pour avancer encore un peu dans l’observation. Étant donné qu’au module précédent c’était plutôt le point de vue du lecteur qui était favorisé, passons maintenant du côté de l’auteur. À l’instar de l’acte de lecture examiné dans le module 2, l’acte de conception est singulier, désocialisant, dynamique, faisant la navette entre moments objectifs et subjectifs. Moments objectifs moins par rapport à quelque réel que parce que le romancier est alors commandé par son intention créatrice, les informations qu’il a éventuellement colligées, la place qu’il suppose que l’institution littéraire lui a assignée, le marché et son éventuel lectorat (qu’il veuille assumer cette place, la récuser ou la déjouer). Moments subjectifs parce que le processus d’écriture peut déborder ses intentions, voire l’entraîner ailleurs… Or, la langue d’écriture peut être considérée comme le premier choix du romancier, celui qu’il aurait eu ou celui qu’il a dû faire au départ de son acte créateur.