Module 2. En amont de l’acte de lecture

Proposons maintenant de partir de l’acte de lecture, acte singulier rappelant la singularité de l’acte d’écriture, acte désocialisant (on le lui a assez reproché !), acte dynamique fait, à la fois, de moments objectifs et subjectifs. Moments objectifs moins par rapport à quelque réel que parce que le lecteur est alors commandé par le texte. Moments subjectifs parce que sa lecture est active et même dans trois dimensions : le lecteur forme des plis dans le texte, rapprochant des mots ou des moments éloignés les uns des autres dans le récit; il discerne un monde de fiction derrière la mise en forme langagière des phrases et la mise en forme narrative du récit; enfin, au fur et à mesure de sa lecture, ce que le lecteur sait du monde et de la fiction l’amène à reconnaître et à anticiper, quitte à se découvrir faillible, à découvrir que le texte le leurre, lui qui se croyait déluré ou à se stupéfier que la fiction excède ses attentes, etc. Toutes les fois, on continuera à partir non pas d’un texte critique mais d’une lecture tirée de ce gigantesque corpus du roman saisi par la mondialisation. En second lieu, puisque l’écriture est art du langage, c’est à travers la question de la langue que l’on s’interrogera. Enfin, une fois fixé ce point de départ, l’impulsion du cheminement sera donnée par une notion implicitée dans mondialisation : le territoire et la métaphore constructive de la démarche, par sa cartographie.